La résistance en Haute Saône

La Résistance en Haute-Saône

Ce département, d’essence rurale, avec environ 230 000 habitants en 1939, peut se classer, au, plan « Résistance pure », parmi les premières de France si l’on compare la population en regard des pertes subies, des actions de combat homologuées, ou l’efficacité des sabotages touchant les voies de communications vitales pour les troupes du IIIe  Reich.

 
Géographiquement, la Haute-Saône est en effet, au plan militaire, un débouché stratégique considéré comme :

-         une porte de sortie, ou d’entrée, ‘’ chez nous ‘’ ;

-         un vestibule où s’épanouissent, ou convergent, selon le sens de la marche de la route de l’Europe occidentale et méditerranéenne ;

-         un glacis en avant de la ‘’ Trouée de Belfort ’’ avec un relief de champ de manœuvre.

-         Entre les Vosges et le Jura, de grandes surfaces forestières, bien compartimentées par un intense réseau hydraulique, permettent l’implantation de maquis sous réserve d’une constate mobilité. 

 
Emergeant d’une sorte de génération spontanée, les résistants maintes fois dispersés, ‘’ entrèrent ‘’ dans des mouvements venus à leur rencontre. Enfin réorganisés, ils purent commencer avec davantage de cohérence, la lutte sous formes plus performantes.

Pour une juste compréhension de la représentation graphique nous apportons quelques précisions historiques sur l’organisation et les opérations répertoriées :

 
‘’ Les grands mouvements de la résistance ‘’,  cataliseurs de l’esprit d’une nation humiliée, se sont révélés de la façon suivante en Haute-Saône :

-         ‘’ Liberté-Nord ‘’ débute en 1942 et disparaitra en juin 1944.

-         ‘’ Défense de la France ‘’, de fin 1942 jusqu’à la libération.

-         ‘’ Le ‘’ Front National ‘’ dans sa branche militaire : ‘’ Francs-tireurs et partisans Français ‘’ apparut en juin1943 jusqu’à la Libération.

-         ‘’ Lorraine ‘’ s’implante en fin 1942.

-         ‘’ C.D.L.R. ‘’ (Ceux de la Résistance), restera localisé au secteur de Saint-Loup.

-         ‘’ A.S. ‘’ (Armée Secrète) révélée en juin 1943 tint jusqu’à la Libération.

-         ‘’ B.O.A.’’ (Bureau des opérations aériennes) avec ses antennes rattachées à la région D, débuta son travail d’homologation en juin 1943.

 

Destruction de deux trains voie de Vesoul (Haute-Saône)

Déraillement d'un train 

Certaines zones limitrophes des Vosges, de Belfort, du Doubs ou du Jura apparaissent surtout dans la Résistance des départements voisins. Ainsi :

-         Le secteur de Pont du Bois - Vauvillers, actionné très tôt par le B.C.R.A. jusqu’à fin 1943, disparut puis ravivé en août 1944,

-         La Région de Servance - Melisey restera attachée à ‘’ l’A.S. ’’ Vosges,*

-         Le secteur d’Etobon dépendit de ‘’ Loraine ‘’ de Belfort,

-         Le canton d’Hericourt survécut dans la mouvance des maquis du Lomont,

-         La vallée de l’Ognon appartint à ‘’ Résistance du Doubs ‘’.

 
Il faut insister sur le fait que les résistants et maquisards ignoraient la signification ou la philosophie de ces mouvements et n’eurent que peu de contact avec les chefs de ces organisations.

Quant à la presse clandestine et les réseaux d’évasion (aviateurs alliés ou prisonniers), difficilement quantifiables au niveau départemental, ils sont à porter au crédit de toute une population complice.

 
Le ‘’ maquis de Morillon ‘’ peut être considéré comme le premier maquis implanté dans le département dès juin 1943 ; il ne survécut seulement que quelques semaines, par l’action conjuguée de la Gestapo d’Epinal et …les bavardages.


Le monument de la résistance de Vesoul

Monument de la Résistance