Command-car VESOUL

Utilisation imprévue de Command-Car dans la Haute-Saône.


Le 30 juin 1948 les sapeurs-pompiers de Vesoul étaient alertés pour un incendie causé par la foudre à la chapelle de « La Motte », colline située au Nord de la ville, dont le point culminant est à 383 m. par rapport au niveau de la mer et à 163 m. au-dessus de la ville.

Pour y accéder, un seul chemin de peu de largeur dont la pente moyenne est de l’ordre de 8 à 10% avec plusieurs passages à 18 et 22% et des virages en épingle à cheveux très serrés et très durs. Cette  route non prévue pour la circulation automobile était devenue ce jour-là plus difficile en raison de la pluie.

Sur la colline se trouve une chapelle ouverte, dont le toit en forme de cône, très endommagé lors de la libération, était en cours de réparations. Il était entouré d’échafaudages et le paratonnerre qui existait au sommet avait été démonté pour les travaux.

Lors d’un orage survenu dans l’après-midi, il y eu un coup de tonnerre violent et très sec. Il était environ 16 h. Ce n’est qu’à 18 h. que les pompiers furent alertés. A ce moment le sommet du toit de la chapelle, situé une trentaine de mètres du sol, était embrasé et le feu dévorait poutres, lambris et échafaudage. Il s’agissait donc, pour les sapeurs-pompiers vésuliens, de monter à pied d’œuvre au moins une motopompe remorquée et des tuyaux.    

Le premier départ eu lieu avec un Dodge command-car fourni par le service départemental d’incendie et adapté aux besoins du service. L’auto tractait une motopompe remorquable, l’assaut fut entrepris avec onze hommes à bord. Lentement, les uns après les autres les durs lacets furent franchis, les deux ponts embrayés et le sommet fut atteint en six minutes. QUELQUES MINUTES PLUS TARD UN SECOND Dodge command-car amenait du personnel de renfort. Grâce à la présence d’une citerne située à proximité du monument, l’extinction fut rapidement menée et les dégâts limités au maximum.

La descente eu lieu quelques heures plus tard avec plus de difficultés, particulièrement pour le véhicule tractant la motopompe qui n’était pas freinée et poussait terriblement.

Il nous a paru intéressant de relater cette intervention exceptionnelle qui n’a pu être réalisée que grâce à l’emploi de Dodge, car tout autre véhicule n’aurait certainement pas atteint le sommet de la colline. 


Commandant Jules CLERC, Inspecteur départemental.

Extrait  de la revue : Le Feu et l’Alarme de Mai 1949.